lundi 18 juin 2012

MGARR, porte d'accès à GOSO.....

....dominé par NOTRE-DAME de LOURDES, église néo-gothique

Barques de pêcheurs, colorées et pittoresques

Sortie de MGARR


Les ferries: pas de proue, pas de poupe: ça va dans les deux directions !


A nous, à vous les nouvelles « TERRA INCOGNITA »

Et oui, dimanche nous étions encore à MONASTIR ( Afrique  !!! ) et aujourd’hui,  nous mouillons à l’entrée de Xlendi Bay,  sur l’île de GOZO, à Malte.
Que de chemin parcouru depuis notre départ de Toulon et que d’étapes plus ou moins séduisantes, mais là, je dois dire que l’on s’approche des strates paradisiaques jusqu’alors inconnues, ( à part, peut- être, Girolata ). Mais pour arriver là, nous avons dû parcourir 180 Mn, en faisant étape à Lampédusa , arrêt quasi obligatoire lors d’une traversée TUNISIE- MALTE.
Malgré mes calculs savants pour  arriver  début de soirée, juste avant que ne tombe complètement la nuit noire, notre atterrissage s’est fait à l’aveuglette, rendant l’interprétation électronique différente de notre vision. Bref après les interrogations, bonnes et mauvaises, nos déductions, toutes aussi mauvaises que bonnes, décision est prise d’enrouler les voiles, puis de terminer l’étape, au moteur. Tiens, cela faisait longtemps, la pompe à eau de mer est désamorcée... Pas  « d’affolage », j’ai l’habitude, et  j’en ai pris mon parti, deux coups de tournevis plus tard et tout est rentré dans l’ordre.
Notre approche du port me laisse dubitatif, car j’y repère plusieurs feux rouges,  un feu vert haut perché, enfin, comme nous avons adopté une vitesse proche de celle des « cagouilles » nous ne risquons pas grand-chose et, pourrons intervenir rapidement, si le besoin s’en faisait sentir.
Lors de discussions avec « les grands navigateurs » ayant pris parti d’hiverner, voir de résider à Monastir, en posant la question sur les difficultés éventuelles  de  l’arrivée  à Lampédusa, les avis semblaient concorder, à savoir :
 «  Quand tu arrives, à l’entrée du port, il y a une anse avec une plage au fond, et s’il n’y a pas le cargo ravitailleur d’eau, ancré à cet endroit, c’est bon, tu peux y jeter ta pioche. Sinon, tu rentres dans le port, vers la gauche, c’est gratuit ». ( Le mot «  gratuit » m’interpelle immédiatement, et fait indéniablement partie de ce vocabulaire qui sonne bien à mes oreilles  !!! ).
 « Mais attention, c’est le bordel : des fois il n’y a pas de place, et il n’y a pas beaucoup d’eau, faut faire gaffe ». («  Faut faire gaffe », à l’inverse du mot «  gratuit », est justement le mot qui veut dire que si tu ne fais pas gaffe, les conséquences ne vont pas du tout être gratuites  alors « meffi ») .
Nous optons pour la première solution…était-ce la bonne ?
Nous mouillons l’ancre, plus 60 mètres de chaine, j’avale un de ces comprimés, qui pourraient servir aux voyages intersidéraux de longues durées ( comme ceux des films où les protagonistes dorment plusieurs années ), et vite au lit car je suis vidé.
« Flash back »
Monastir, il est quatre heures du matin, je suis au bureau de la Police aux frontières. Je vais effectuer les démarches de sortie de Tunisie, consistant en deux coups de tampon sur les passeports. En fait, cela a l’air plus simple qu’il n’y parait, d’autant que dans le poste de police, les agents sont aux prises ( enfin  ils aimeraient bien l’être  !!!  à ce qu’il me semble ), avec la gente féminine, représentée sous la forme d’un demi-tapin alcoolisée jusqu’au gosier, au cul rebondi et à la poitrine débordante. Bref ça rigole, ça propose, ça touche tous les arrondis, et il y avait de quoi, bref nous étions loin de la loi  coranique, loin de la loi tout court.
Et moi, je patientais bien sagement, un peu amusé de cette scène connue des poste de police la nuit,   en déduisant même qu'il devait en être ainsi dans tous les postes de police de la planète... Ah ! Le prestige de l’uniforme, ce n’est pas une légende  !!!
Le temps passe, puis me voilà en possession de nos passeports, dûment  estampillés du sésame tant attendu, sauf que, un bon  policier rigolard (certainement grâce aux promesses  amoureuses du demi-tapin précité )  m'indique qu'il me faut maintenant aller voir le douanier, préalablement réveillé par ses soins, et une fois à son contact, je comprends immédiatement, qu'un douanier, mal réveillé à 4 h 00 du mat, par un plaisancier impatient de prendre la mer, ne sera pas bon  à prendre à rebrousse poil.  La suite me donnera raison. A ce sujet référez-vous au laïus de Brigitte qui doit se trouver pas loin quelque part sur le blog.
05 H 15, nous voilà enfin sortis du port de MONASTIR, avec du vent dans le nez, jusqu'à l'ile de KURIAT qu'il faut prendre par le nord, pour ne pas risquer de rester planté sur un banc de sable. Nous obliquons alors  sud-est et nous naviguons au près bon plein, quand le moulinet paré pour le gros, se met à chanter… et moi de déchanter !!!  Un oiseau marin a pris le rapala dans ses pattes palmées.  Je mets le bateau en panne, et ramène le volatile, quand sur l'autre canne, un autre départ à plumes.  Une heure plus tard, une bestiole est libérée, l'autre, en piteux état, est réconfortée, puis installée dans l'annexe, pour du repos et peut-être une résurrection : " Inch Allah " .
Le bateau courre sur l'eau à bonne vitesse, avec des conditions de mer idéales, vent 10 à 13 Nds, la Salamandre, à 6.5, 7.5 Nds. La routine s'installe ; la traversée devrait être bonne. Elle le fut, si ce n'est que Brigitte, n’étant plus amarinée, après un mois sans navigation, a passé le voyage la tête dans le seau……Et nous  atteignons  LAMPEDUSA…..

PENSEE PROFONDE DE BRIGITTE :
La navigation est comme le mariage, si on n’apprend pas à être heureux, il faut apprendre à être philosophe……………

LAMPEDUSA, LE REVEIL..................



Je m’étais arrêté, au coup d’assommoir donné par les médicaments à notre arrivée à Lampedusa.
Nuit de récupération…rien vu…rien entendu… rien senti…. même pas levé pour aller pisser, bref une vraie nuit comme il y a bien longtemps que je n’avais pas eue. Le soleil est déjà haut dans le ciel, la mer est limpide et bien qu’il y ait dix mètres d’eau en dessous, je distingue nettement le fond. Pas très loin de nous, une barcasse fait des ronds dans l’eau et  son marin semble pêcher à la traine et remonter du poisson. Je le suis du regard avec intérêt.  Afin  de bien me réveiller, je décide de prendre un bain de mer, ( après avoir mis l’oiseau -  baptisé Jonathan, bien évidemment  - dans l’eau où son envol a été difficile ) et d’en profiter pour jeter un coup d’œil à la ligne de mouillage, quand au retour à l’échelle de bain, j’aperçois à une quinzaine de mètres, un banc de liches pesant à vue de nez entre un et deux kilos. Mon sang ne fait qu’un tour et j’y vois dans ce paquet d’écailles ( bien que les liches n’en aient pas ), l’espoir de notre futur repas. Je sors la tête de l’eau : « Brigitte, vite, donne-moi le fusil harpon qui est dans le coffre » ; deux minutes plus tard, le repas du midi était au frigo. Merci à dame nature !!!
Mais apparemment, cela n’est pas du goût  de tout le monde, et le pêcheur, ayant observé mon prélèvement à « dame nature », s’est vite dirigé vers des employés du port ; il revient vers moi pour me dire qu’il ne faut pas rester là,  que le cargo citerne allait bientôt venir. Je prends acte de ce renseignement, mais je vais quand même déjeuner, puis avec l’annexe, j’irai faire mon entrée « en Europe ».
L’intention était bonne, mais pas le temps.  Alors qu’un zodiac  de la Guardia di  Finanza - avec à bord deux douaniers pas zélés du tout, et,  qui pêchaient à la traine - faisaient également des ronds dans l’eau, sans se soucier de notre présence ( nous pouvions bien attendre, et ils avaient raison ) un autre zodiac de fort calibre armé jusqu’aux dents, de « La Guardia Costière », nous accoste et nous contrôle, eux, avec zèle, et finissent  par nous dire qu’il faut dégager et reprendre la mer.
 Fort heureusement que le repas du midi était bien à l’abri, au frais !!!  Notre arrêt n’a pas été inutile !!
C’est comme cela que nous nous sommes installés au mouillage à deux cents mètres du port où personne n’est plus venu nous dire quoi que se soit. Le pêcheur local pouvait donc continuer à prendre « ses » liches sans qu’un « Frencese »  ne vienne lui piquer « ses » poissons !!!
Nous  passons la nuit au mouillage, puis,  le lendemain, un petit tour d’annexe, pour nous rendre à la « ville » espérant  y trouver une carte téléphonique avec accès internet. Rien de tout cela, ici pas grand-chose n’est possible. Nous buvons une bière,  puis nous retournons au bateau, passons la journée de repos dans un autre mouillage, et le soir venu, nous partons vite de ce coin, qui pour le moment ne m’a pas convaincu. A voir plus tard sous un autre angle « Si Dieu le veut » eh oui, nous ne sommes plus en terre d’Islam  !!!
Mardi 12 juin, il est 19 H 00, Jean –Louis nous a donné la météo pour Malte, et j’en profite ici pour le remercier  vivement, nous relevons l’ancre et  mettons le cap à  l’Est.
Les trois premières heures se font à voile et au moteur, prés  très serré avec peu de vent, puis le vent forcissant  en  changeant de direction nous permet  de porter toute la  voilure et filer à 7 nds .La mer ressemblerait presqu’à un lac, le plaisir est immense.
 Alléluia, Brigitte semble cette fois-ci amarinée, et ne sera pas malade, profitant pleinement de cette nuit sous les étoiles.
Il  est O7 H OO, nous distinguons MALTE, et choisissons d’atterrir sur l’ile de GOZO dans le port de MGARR. Nous allons nous reposer !!
Devant le port de LAMPEDUSA

Plus loin, au mouillage

dimanche 10 juin 2012

IL FAUT QUE NOUS VOUS RACONTIONS....



Le Prophète était un lève-tôt ; toute grasse matinée était du temps perdu pour la prière. Donc, s’est-il dit, faisons faire la première des prières journalières au lever du jour…
Le lever du jour, en cette période estivale, et sous cette latitude, c’est 2 h 30, soit 3 h 30 à l’heure tunisienne, moment où le muezzin du haut de son minaret  - c'est un vrai muezzin et non un CD programmé – rappelle que Dieu est grand.
C’est donc à cette heure plus que matinale que le réveil a sonné
le Dimanche 10 Juin, pour un départ prévu à 4 h.
Horus n’a pas daigné ouvrir un œil, mais j’ai senti son étonnement
«  Ils sont fous, ces humains »,et sa désapprobation…
Déjeuner et habillage rapides, et voilà Armand parti, passeports en poche, faire la sortie…
Après une heure d’attente, je m’interroge : serait-ce un enlèvement ? Vont-ils demander une rançon ? Lui arrachent-ils les ongles pour qu’il avoue ou il a acheté sa djellaba ?
Enfin, le voilà, accompagné de deux policiers rigolards et bonnards,
qui ont dû réveiller tout le quai, et par un troisième individu,
visiblement perturbé dans son sommeil, à la mine patibulaire (ou presque )…J’ai intuitivement perçu qu’il allait nous faire payer son réveil intempestif.
-         Bonjour Madame, je suis le douanier, je vais inspecter votre bateau.
-  Mais je vous en prie, entrez donc
-  Vous avez quelque chose à déclarer ? Des armes ?
Moi (battement de cils innocent )
-         Ben, non…
-          -  Vous n’avez pas de fusils ?
Moi, intérieurement : Ciel ! My God ! Mon Allah ! Il sait tout, nous avons été trahis…puis, l’air naturel :
-       -      Des fu...des fufu…des fusils ??
-     -     Non, des fusées !
En quoi les fusées de détresse peuvent-elles intéresser un douanier ? Les aurions-nous achetées en contrebande ?
Que nenni ! L’intérêt des fusées est que ça péte au mariage de la fille ou de la sœur, ou que ça se revend, même dépassée la date fatidique….Il a fallu que je lui montre les fusées !
-         Vous avez de l’alcool ? Je peux voir votre bar ? ….Vous avez des réserves ?
Je soulève donc  le plancher, pour montrer «   les réserves » ,
au moment ou Armand me demande du cockpit : «  reste-il une bouteille de whisky ? »  
Sacrebleu, la bouteille était pour les flics, et voilà que je la donne au douanier pas sympa ! En plus je me trompe de bouteille, et à la place du bas de gamme acheté en prévision des bakchich alcoolisés, je donne un whisky JB, gagné par Armand au dernier concours de contrée à L’Hippocampe !
La journée démarrait sur les chapeaux de pare-battage…
Le départ a eu lieu à 5 h 15 , salué par les policiers toujours joyeux,
qui n’auront pas droit au whisky, et par le douanier, qui a retrouvé le sourire, on ne va pas se demander pourquoi…






samedi 9 juin 2012

AU REVOIR MONASTIR

DEMAIN, DIMANCHE 10 JUIN 

nous quittons la Tunisie.

Merci au pays qui nous a accueillis,
merci aux tunisiens pour leur gentillesse, leur chaleur...

Merci à Dominique et à Serge,
puissions-nous passer d'autres excellents moments en leur compagnie.

Merci à Kais, pour son sourire; puisse-t-il réaliser ses souhaits,
ou trouver ce qui est le mieux pour lui.

Direction LAMPEDUSA, territoire italien, d'ou nous reprendrons
les Voyages de La Salamandre.

A bientôt.

DOMINIQUE ET SERGE

KAÏS








Déjà, il contemple l'horizon...
déjà, il regarde vers l'Est...