mercredi 22 avril 2015

M O N A S T I R

DE  RETOUR  "AU  PAYS"


Après avoir parcouru 600 milles,
soit 1 111 Km
depuis Toulon,
nous nous sommes amarrés 
dans la Marina de Monastir,
ce Mercredi 22 Avril.

(Avec eau et électricité !) 

Le repos sera salutaire.

Joie de revoir Sabrina et Fabio,
Najwa et Jean-Yves.


Merci de vos messages,
qui font que nous nous sentons 
encore plus proches de vous...

Se termine ici la première partie 
de nos voyages.

Quelques travaux à faire faire sur la Salamandre
(dont le dessalinisateur !) 
devront nous prendre quelques semaines.

Pour le reste, comme on dit ici:
Inch'Allah !!!!

Vendredi, je vais au souks....

mardi 21 avril 2015

MARINA YASMINE HAMMAMET


Mardi 21 Avril


Nous avons fait suffisamment d’exploits hier,
 pour ne pas avoir le désir d’effectuer d’une seule traite 
le retour vers Monastir, lequel nous demanderait 
de parcourir autant de Milles.

Et puis, il faut nourrir la Salamandre en gas-oil.
(0,75 € le litre)

Arrêt dans

UNE VERITABLE MARINA

Avec eau et électricité.

Quel luxe de prendre une douche chaude 
et de ne pas faire la vaisselle à l’eau de mer, 
de ressortir la plaque à induction
pour avoir rapidement de l'eau pour le thé...

Je constate que je reste une petite bourgeoise réactionnaire : berk !

Quant à la Marina, rien à dire : 
c’est net, c’est propre, c’est européen, 
loin de la vieille ville d’Hammamet et de la Tunisie.

Cela fait un peu dongier ! 
(Mot que seule ma cousine Marig saura traduire). 
Le reste des lecteurs n’a qu’à deviner !

En bref, si la « Marina » de Bizete 
a été le sujet d’un « reportage », 
celle de Yasmine Hammamet ne pas me causer
 un quelconque mal tête
 pour alimenter mon (merveilleux) blog.



Vous aurez peut-être quelques photos, selon notre heure de départ.


La nuit va être bonne : pas de risque de dérapage d’ancre, pas de houle, pas de bruit…



Demain, direction Monastir…








De BIZERTE à KELIBIA



Lundi 20 avril, 6 Heures et 15 minutes:

direction KELIBIA.

Spi, voiles, spi, moteur, voiles…

Sur une mer sans vagues, avec un vent  arrière sympathique,

Île Zembra, au nord, toujours recouverte de son chapeau de nuages.
(vous avez eu une photo identique il y a trois ans)



Le tout jusqu’au CAP BON.

Les caps ne sont pas toujours plaisants à passer.

Nous sommes passés d’un vent arrière,
 qui propulsait efficacement et confortablement le bateau ,
à un vent de travers, puis de face, 
qui a pris de la puissance pour atteindre 23 / 25 Nœuds,
 avec des pointes à 30.

La nuit était tombée, éclairée par  les étoiles 
et les lumières des bateaux de pêche.

Ce qui pourrait vous sembler d’un pittoresque extrême 
est en fait une véritable chienlit : 
il faut se méfier des filets tractés par les chalutiers ; 
tu prends un filet dans l’hélice, 
et je peux te dire que tu n’es pas prêt d’arriver à Kelibia !

Et puis,  toutes ces lumières, que sont-ce ?

Des bateaux, des indicateurs de filets, 
l’enseigne de la pharmacie qui clignote sur la côte, 
le feu rouge qui va passer au vert 
dans la rue Mohamed ben Kouscous, 
la lampe flash de détresse d’un pauvre type 
qui est tombé du bateau *??


Bénissons ce formidable outil qu’est le GPS.

Les yeux du Capitaine étaient bien ouverts, 
et l’ancre à été jetée dans l’avant port, sans problème,
 et sans la visite de la maréchaussée, 
laquelle n’est pas avare de contrôles.

Police, Douanes et Gendarmerie Maritime : 
nous sommes passés au tamis lors de notre entrée à Bizerte : 
et d’où venez-vous, et où allez vous, et avez-vous de l’alcool, des armes*, des cigarettes, de l’argent français ??????

 Le tout après le traditionnel "Bienvenue !"


Il faut dire qu’il était 1 H 30… 19 H 15 de navigation …78 Milles …

La transmission de notre arrivée devrait, de plus, avoir été faite par Bizerte.

Dodo, bonne nuit, ancre bien enfoncée dans le sable
 (Pas de posidonies !)


Bateau de pêche qui rentre au matin.






Plus traditionnel, à rames.

Le fort, au pied duquel nous avons jeté l'ancre.




des armes ??? « Des couteaux de cuisine et un fusil –harpon, pour la pêche sous-marine », a répondu le Capitaine, qui n’a pas déclaré les fusils-mitrailleurs, les quelques caisses de grenades et la dynamite.


** Informations sur la LAMPE FLASH DE DETRESSE : 
visible à plus de 2000 mètres; 
 5000 heures de durée de vie pour les LEDS ; 
50/70 éclats par minute, et surtout, étanche à 100 mètres !
 Là, il est fort probable que le pauvre type tombé de son bateau 
ne soit plus, lui, totalement étanche. 
(Les piles ne sont pas fournies)

dimanche 19 avril 2015

DE L'EUROPE A L'AFRIQUE


Vendredi 17 Avril :

Après avoir bu le café pour avoir Internet, 
pour une histoire de météo, 
et surtout pour avoir les enfants au bout du fil de Skype,
il était 10 Heures,
lorsque nous avons quitté CARLOFORTE, 
quitté la langue italienne, quitté l’Europe…


Au revoir, CARLOFORTE.


Derrière nous, l'Europe.





Devant nous, l'Afrique...


Bien sûr, le vent n’avait ni la direction, ni la force prévues, 
mais il est resté des plus sympathiques,
 et nous a permis de gréer le spi, 
à 17 H, lequel a propulsé le navire, 
avec une moyenne de 
6 Nœuds, soit 11 Km/h, pendant 10 H. 

Plutôt bien, non ?

(Je devrais, ici, faire une digression, sur la vitesse et sur le temps…
Et bien non, vous allez vous passer de ma philosophie…)

Il était 21 H, lorsque le moulinet de la canne à pêche
 a joué l’air favori d’Armand, 
lequel a remonté de quoi nourrir 
l’équipage pendant quelques jours.

1 m 04, le bestiau !
(Photo retouchée, car prise de nuit) 


A 3 H, le vent est comme nous: il tombe de sommeil.

Et puis les batteries vont vers la baisse : 
veille sur le canal 16, radar, traceur, feux de navigation 
et feu de hune pour visualiser le spi, 
même avec le réfrigérateur arrêté, 
l’énergie disparaît plus vite qu’elle ne se forme. 

Donc : moteur.


Au matin, une bande de dauphins nous accompagne.
Mais ils sont plus difficiles à photographier, 
même l’appareil photo en mode rapide, 
que les pigeons de la place.
























Après avoir dépassé le CAP BLANC,



après 140 milles parcourus, soit 260 Km 
et au bout de  28 H 30 de navigation,
 il est 14 H 30, 13 H 30 en Tunisie,
nous mettons les amarres dans :




LA  MARINA  DE  BIZERTE

laquelle vaut bien le reportage
que vous allez voir...


Il y a trois ans, en Mai 2012, alors que nous étions au port de pêche,
 un démarcheur est venu nous vanter les extraordinaires installations 
de la future marina, dont la construction était en cours.

J’ai conservé la documentation.

Voici le virtuel :





Etaient prévus, dans un plan d’eau de 35 hectares, 
800 anneaux, l’accueil de bateaux pouvant faire 110 mètres,
 une résidence  de luxe de 270 appartements, 
fitness, sauna, hammam, piscine, une centaine de boutiques…
et le toutim et tout le toutim… 
plus, un port technique, avec une aire de carénage de 15 000 m². 

Ouverture pour le mois d’octobre ;
 nous pouvions déjà réserver une place ; 
tarifs donnés sur 30 ans, à voir pour 50 ans !




En approche de la « Marina », nous avons constaté
que nous foulions le Désert des Tartares.

Nous nous sommes toutefois amarrés, pour 20 € la nuit.

Je parle bien en EUROS, et NON EN DINARS !!!


De l’eau, oui, si on veut ; de l’électricité, point.


Voilà la réalité:

Nous sommes presque seuls.


Des pontons, certes, il y en a, avec les bornes pour l'électricité.

En attente des logements de luxe.

Unique point d'eau !!!

Les toilettes publiques ???





Car « la Révolution » est passée par là.

« Du temps de Ben Ali, nous confie le « Capitaine » de la Marina, 
tu donnais un coup de fil qui remontait jusqu’au Ministre, 
et tu avais les fonds nécessaires. »

Ah, nostalgie des temps anciens, 
où tout était sans doute corrompu, 
mais où tout fonctionnait mieux…
 la corruption doit toujours exister,
 mais plus grand-chose ne fonctionne.


Maintenant, couic ! Les investisseurs n’investissent plus,
 et, chose curieuse, il faut de l’argent pour payer les ouvriers !

 En bref, le Jasmin de la Révolution ne sent plus très bon 
et le Printemps arabe s’embourbe 
dans le marasme économique.

Triste, triste, triste…

Reste la médina, avec son marché, ses odeurs d’épices (et de poisson)…





vendredi 17 avril 2015

ISOLA DI SAN PIETRO / CARLOFORTE

ISOLA SAN PIETRO  -  CARLOFORTE


Sur le chemin, un dragon sort de a brume.


Ile à l’ouest de la Sardaigne, (18 Km de côtes) 
SAN PIETRO tient son nom de la légende 
qui prétend que l’apôtre Pierre y débarqua, 
et apprit aux îliens à pêcher le thon. 

(Plus, sans doute, un peu d’évangélisation,
 après tout, c’était aussi son boulot ! 
Il n’y a pas que la pêche, il y a aussi le prêche…)


En 1741, l’île est colonisée par une population 
chassée de TABARKA par les actions militaires du Bey de Tunis, 
ce qui met fin à l’autorité génoise en Tunisie.

Charles-Emmanuel  III, alors roi de Piémont-Sardaigne, 
leur apporte son soutient, et, en l’honneur de ce roi, 
la cité créée se nomme CARLOFORTE, 
qui reste encore aujourd’hui la  seule ville de l’île.

Mais des razzias de corsaires tunisiens, en 1798, 
conduisent à la prise en esclavage de 900 îliens, 
surpris pendant leur sommeil.
    



C’est Napoléon Bonaparte, alors Premier Consul, 
qui demande au Bey de Tunis de voir à la baisse
 ses aspirations financières pour le rachat des esclaves.

 En 1803, 775 esclaves retrouvent la liberté.








Nous nous installons le long du quai gratuit, « à l’anglaise »,
 après une navigation au spi et au moteur de presque 5 heures



Ville très sympathique, où plusieurs navigateurs rencontrés ont hiverné.









Des marais salants faisaient travailler l'autochtone.


Il ne reste que quelques machines rouillées.



Le marais reste le paradis des oiseaux: on peut voir les flamands roses, le cul en l'air.

Un canal.





Rencontre avec Helmut et Fritz….
qui voyagent sur un Océanis 393 Clipper, mais à trois cabines.

Comme leur français équivaut à notre allemand, 
c’est en anglais que se font les échanges…
Et cela fonctionne plutôt bien, même si notre manière,
 à Armand et à moi, d’appréhender la langue de Shakespeare 
est moins bonne que celle d’Helmut et de Fritz.

Et puis, (My God, what a surprise !!!) ne sont-ils pas tous deux motards !

Détails d’une soirée autour d’un Pastis (de Marseille) et d’un des derniers bocaux de thon…
      



Le lendemain :
Helmut, ennuyé par sa chevelure qui lui tombe dans les yeux, dit-il, 
veut aller chez le coiffeur…

Armand, en bon marin, lui propose une coupe identique à la sienne.
Avec enthousiasme, Helmut acquiesce, 
mais demande deux millimètres de plus.

Le Capitaine, n’osant le croire, 
se réjouit  du plus profond de lui-même, 
comme exalté par d’anciens récits, 
et, sans le laisser paraître, s’exclame intérieurement :
« Chouette, je vais me raser le frisé ! » *

Aussitôt dit, aussitôt fait…
Une telle aubaine ne se reproduira peut-être pas….

Avant....




















Pendant...


Après !



*Amand est heureux de son jeu de mots, 
qui s'adresse au lecteur intelligent que vous êtes, 
riche d'une culture historique concernant la seconde guerre mondiale.

dimanche 12 avril 2015

NOUS QUITTONS ALGHERO



JEUDI 9 AVRIL

Nous quittons ALGHERO.

Il est 8 H 30.

Un petit vent sympathique, qui  va bien avec le Spi, nous conduit plus au sud.
Pas de mer; au bout de deux heures, plus de vent….


Très peu de village le long des côtes...





Le Capitaine, arborant une casquette à oreilles en polaire,
qui sera envoyée malencontreusement à l'eau.

(Casquette récupérée sur un quai en Italie)



Derrière la tour, BOSA MARINA;



Et vous pensiez que nous nous amusions ???













Nous atteignons BOSA MARINA au moteur,
20 milles au Sud d’Alghero, à midi et demi,
soit à l’heure sainte où il convient de prendre l'apéro... 







V e r s   l e   g o l f e   

d’ O R I S T A N O

A 8 h 15, ce Vendredi 10 Avril,
 sans avoir mis pied à terre dans BOSA MARINA, 
nous avons levé l’ancre pour le golfe d’OSTRIANO.

Le peu de vent nous fait utiliser le spi.

Elevé sans problème deux jours auparavant,
 le spi, aujourd’hui, subit cette foutue loi de Murphy, 
qui fait que nous cafouillons trois fois de suite pour le monter :
 vent changeant, et incompétence de l’équipière…

Chiotte…Je vais nettement mieux
 après avoir poussé une bonne gueulante 
contre le Capitaine, contre le bateau, contre ce fichu spi !!!!

Le spi tient une heure, avant de s’affaler 
comme une pauvre chose qui n’est plus propulsée…

Mais le Capitaine – celui qui a toujours raison – scrute l’horizon,
 et constate qu’une risée est apparente ; 
« Il est possible que nous ayons 20 nœuds de vent dans 10 minutes !  
Hissons le Solent »

Il m’énerve, celui-là, à avoir toujours (ou presque) raison !!!!

Huit minutes plus tard, 18 Nœuds, puis 20, 24….

Quelle bonne idée, avec ce vent dans le nez, 
d’avoir hissé le Solent…

Décidément, le Capitaine est un homme plein de ressources  
et de connaissances marines qui méritent l’admiration !!!

L’admiration étant acquise, 
nous faisons un bon bout de chemin, 
avec le vent presque dans le nez, 
grâce à cette merveilleuse voile 
qui vaut son investissement…

Nous dépassons Isolotto Mal di Ventre, 
dont la traduction ne devrait pas vous poser trop de problème. 
(Désolée, mais les conditions de navigation ne m’ont pas donné envie 
de descendre chercher l’appareil photo.)

Nous supposons, à la voir dépasser de quelques mètres 
au dessus de la mer, que quelques navigateurs, 
dans un temps plus reculé, ont dû s’oublier dans leur pantalon
 en lui faisant brusquement face, avec ses rochers émergés…

Il fallait avoir un GPS, na !!!

Nous terminons au moteur, 
pour éviter de tirer des bords jusqu’à la nuit…
notre purisme marin ayant ses limites…

Nous avons faim et commençons à en avoir assez.

Après 9 heures de navigation, l’ancre est jetée 
devant le village de TORRE GRANDE :
Nous allons être secoués….


TORRE GRANDE, où nous allons être secoués....





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B U R R E G G U


Nous avons été secoués !

Et puis, l’endroit n’est guère agréable : 
le port commercial d’Oristano n’inspire pas le romantisme ; 
le Capitaine décide de lever l’ancre pour filer sur BUGGERRU, 
sans mettre pied à terre. 

Voyage à la voile, au spi, au moteur, au spi, à la voile, au moteur….

En bref, après 8 H 15 de route 
pour 33 Milles parcourus au cours d’une navigation agréable, 
l’ancre est jetée à BUGGERRU.






Il est 17 H 30 : c’est l’heure sainte de l’apéro !

Nous avons remarqué que l’heure nous importe peu, 
pourvu que nous ayons l’ivresse.

Au menu : cochon sarde (un délice !) 
et patates du même pays (sont-elles bonnes, les patates sardes !!)

« Il en faut peu, pour être heureux, il en faut peu…. »

(Parole tirées du Livre de la Jungle)





Le port, excellent abri, est ensablé, et ne sert qu'aux bateaux de pêche
et aux bateaux à moteur.


            
Il ne convient pas que vous pensiez 
que nous passons notre temps à glandouiller!!

Voici un compresseur, qui envoie de l'air dans un détendeur....



...qui se trouve au bout du tuyau...
Ce qui permet à Armand d'aller gratter la coque du navire.
(Du moins est-ce ce qu'il prétend)
Et oui !!!


























Dans la Sardaigne, aride, impropre à la culture, pauvre, 
la découverte de minerais est une chance.

BUGGERRU devient une commune minière en 1864, 
après la découverte de minerais de plomb et de zinc.




Un lavoir à minerais est construit.









Le 4 Septembre 1904 – à la suite d’une réduction du temps de pause des ouvriers – 
une grève est déclarée.
 La manifestation, qui devait être pacifique, dégénère.
Face aux grévistes, des carabiniers…Trois morts…





Sculptures dans la pierre, en commémoration.


Cette répression semble si démesurée, qu’elle déclenche la première grève générale en Italie en Septembre 1904.


En 1977, les filons sont épuisés, et la station de lavage est fermée.